Progressifs : Puissance prescrite, puissance perçue

Savez vous qu’avec des verres progressifs classiques, il existe toujours une différence entre la puissance prescrite (l’ordonnance) et la puissance réellement perçue par le porteur ? Or, une révolution technologique sans précédent permet d’éliminer cette différence.

 

Cette fiche pratique a pour but :
- d’expliquer pourquoi la puissance prescrite et la puissance perçue sont différentes.
- de montrer la différence de performance entre un progressif classique et un progressif calculé en puissance perçue.


Pour des raisons de commodité ou de nécessité :
- L’ophtalmologiste mesure les puissances perpendiculairement à l’axe de l’oeil.
- Les verriers et les laboratoires de prescription mesurent les verres perpendiculairement.
- Les opticiens, avec le frontofocomètre, mesurent perpendiculairement au verre.


Au cours de cet exposé nous utiliserons les abréviations suivantes :

  • Pr : Puissance prescrite,
  • Pp : Puissance perçue,
  • Pm : Puissance mesurée (perpendiculairement).

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En utilisation courante, dans un verre progressif, l’oeil n’est jamais en incidence perpendiculaire avec la
puissance de l’ordonnance
– car celle-ci ne se trouve pas sur la croix de montage mais à plus de 4mm au dessus.

La ligne du regard est donc toujours en incidence oblique – la puissance perçue (Pp) est toujours différente de la puissance prescrite (Prx).

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D’autant plus qu’il faut aussi prendre en compte l’angle pantoscopique et l’angle de face résultant de la monture.

Les puissances perçues (Pp) seront donc toujours différentes des puissances mesurées (Pm) avec des différences pouvant être suffisamment significatives pour ne pas être négligeables.


Les courbes d’astigmatismes sont, elles aussi, souvent traitées en considérant seulement une analyse perpendiculaire au verre.

 

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Voici un verre qui semble donner de bonnes performances en vision de loin – lorsqu’il est analysé perpendiculairement au verre.

Malheureusement, l’astigmatisme perçu par l’oeil donnera une vision de loin moins bonne à cause de l’angle de la ligne de regard. En tenant compte de la rotation de l’oeil voici les astigmatismes réellement perçus :

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Sur les verres classiques, lorsque l’oeil tourne, la vision de loin se dégrade rapidement, ce que le premier schéma ne reflète pas.
Ces deux schémas montrent pourquoi certains verriers précurseurs ont remis en cause leur approche des verres progressifs en les concevant en puissances perçues (Pp) plutôt qu’en puissances prescrites (Prx).

C’est l’avènement des verres numériques® qui a permis cette révolution. Elle se fonde sur deux aspects principaux :

  1. La puissance de calcul des ordinateurs d’aujourd’hui permet d’évaluer en chaque point du verre les différences entre Pm et Pp. On peut alors calculer les courbures nécessaires en ce point pour corriger l’écart.
  2. Les techniques de fabrication des verres numériques s’affranchissent du besoin de fabriquer des outils de polissage spécifiques à chaque surface. On peut donc fabriquer pour chaque besoin des verres avec des courbes ayant en chaque point la puissance nécessaire pour corriger ces défauts.

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Pour ces verres numériques, Il y aura une différence entre les puissances prescrites, les puissances mesurées et perçues – ces trois valeurs sont mentionnées sur les pochettes de livraison ; nous allons illustrer cette différence avec les deux exemples ci-dessous :

  • 1er exemple : prenons un verre pour lequel Prx = -4.50 +0.50 100° add 2.50

Pour avoir Pp = Prx, nous allons fabriquer un verre numérique dont les valeurs mesurées seront :
Pm vl = -4.40 +0.30 108°
Pm vp = -2.57 +0.63 98°

 

  • 2e exemple, encore plus étonnant : Prenons un verre dont la prescription est Plan add 2.50

Nous aurons un verre numérique dont les valeurs mesurées seront :
Prx = 0.00 add 2.50
Pm vl = +0.27 -0.15 87°
Pm vp = +2.66 -0.09 179°


Il importe d’informer vos ophtalmologistes et vos collaborateurs de la différence existant entre la puissance prescrite (ordonnance) et la puissance mesurée, pour obtenir la puissance perçue recherchée.

Conclusion

Pour vous, opticien, il est malheureusement de plus en plus difficile de mesurer les performances réelles
des verres puisque les puissances mesurées au frontofocomètre ne sont plus les puissances réellement perçues.

Trois conseils

1. Ce qui importe pour vous et le confort de vos clients c’est bien la puissance réellement perçue par le porteur.
2. La pochette doit indiquer la puissance de l’ordonnance mais aussi les puissances à mesurer sur le verre, aussi bien en vision de loin qu’en vision de près. Certains verriers maîtrisent ces technologies et sauront vous conseiller.
3. Dans l’intérêt de vos clients et de votre entreprise, il est essentiel que vous même et vos équipes soyez à la pointe de cette innovation majeure.

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