Verres progressifs : échecs et solutions

Les désarrois de nombreux presbytes

Avec les progressifs courants, on observe un certain nombre d’inadaptations qui ne sont dues ni au centrage, ni à l’ordonnance.

Voici quatre cas d’échecs assurés avec des verres progressifs classiques, même de dernière génération.

Pour illustrer notre propos nous avons sélectionné quelques témoignages significatifs du désarroi de certains porteurs qui après plusieurs tentatives avec des verres courants ont fini par renoncer aux progressifs.

1er Cas : Jérôme R. D., carrossier

Description du cas

« Je suis carrossier, mon frère est opticien. Il m’a équipé de progressifs de dernière génération.

Malgré plusieurs réglages et contrôles, lorsque je porte ces verres, je ne vois pas net dans mon atelier. J’ai toujours peur d’avoir un accident et je ne peux pas travailler avec. Suite à ça, je me suis rabattu sur des verres de proximité mais cela ne résout pas vraiment mon problème.»

L'analyse d'Essor

L’opticien a bien fait son travail ; les verres ont été vérifiés en expertise ; ils sont certainement parfaits mais sont-ils vraiment adaptés aux besoins de Jérôme dans son activité professionnelle ?

Etant donné qu’il a besoin de voir net des objets situés à 1m / 1m50, le progressif classique, quelle qu’en soit la marque (et même de dernière génération), n’est pas adapté. Il ne sera donc jamais confortable avec ce progressif classique car ce verre n’est pas conçu pour cette utilisation. Pourquoi ?

Parce que (voir schéma 2) la largeur du couloir est de 2mm pour une addition de 2,50. à 1m / 1m50, son champ de vision se situe à 20 cm. Pour notre carrossier, le seul moyen d’éviter l’accident est que sa ligne de regard balaye constamment son environnement, un peu comme la canne d’un aveugle !

La solution consiste à équiper notre ami d’un verre progressif adapté, c’est-à-dire dont la Vision Intermédiaire soit 2 à 3 fois plus large. Pour plus de détails voir la Fiche Pratique précédente.

 

Vision intermédiaire avec des verres progressifs normaux

2e Cas Serge R., coiffeur

Description du cas

« Je suis coiffeur depuis prés de 30 ans, à Paris. J’ai 57 ans. J’aime beaucoup mon métier et je l’exerce toujours avec passion. Je sais que mes clients se sentent bien dans mon salon et apprécient mon travail. Pourtant, j’ai depuis quelque temps, un problème de « lunettes ». Lorsque je fais une coupe, j’ai du mal à avoir une vision d’ensemble.

J’ai bien sûr rencontré plusieurs opticiens mais, aucun ne m’a proposé une solution qui me convienne vraiment. La solution que j’ai fini par adopter et dans laquelle je me sens « le moins mal », ce sont les lunettes loupes que j’achète en pharmacie.

J’en ai toute une collection. Je crois que j’en possède prés de 150. J’en ai de différentes puissances. J’ai mis du chatterton de couleur pour les repérer. Evidemment, je suis obligé de jongler avec ces différentes couleurs en fonction de mes activités.

Et lorsque je fais une coupe j’éloigne ou je rapproche mes lunettes sur mon nez ! On m’a fait essayer des progressifs mais ça n’allait pas et je ne veux plus en entendre parler. »

L'analyse d'Essor

On ne peut que regretter ce type de comportement qui est certainement plus répandu que l’on pourrait croire et stigmatise un véritable échec pour notre métier. Comme dans le cas précédent, le progressif classique, quelle qu’en soit la marque, ne sera jamais adapté.

En effet, il n’a pas été étudié pour cette utilisation! Cela vaudrait sans doute la peine, de proposer à notre coiffeur haut de gamme, ce verre « MedioLarge » qui, grâce à une VI deux à trois fois plus large, répondrait aux besoins de Serge dans son activité principale. Il faudra pourtant faire preuve de doigté car il ressent, et à juste titre, un vrai blocage sur la seule évocation du terme « progressif ». On sait qu’il n’est pas le seul dans ce cas !!

 

 

Vision intermédiaire avec des verres progressifs médiolarge d'Essor

3e Cas : Fanny M., femme au foyer

Description du cas

Je suis femme au foyer et j’aide souvent ma fille à faire ses
devoirs. Je porte des progressifs depuis quelque temps. Le problème que
je rencontre régulièrement surgit quand je suis assise à coté d’elle.

Je regarde légèrement sur le coté et je vois flou. Mon mari qui
dirige plusieurs magasins d’optique et son expert ne m’ont toujours pas
trouvé de solution. Je pense que je ne suis pas faite pour porter des
progressifs !

L'analyse d'Essor

Le cas de Madame F. M. est proche des précédents. Lorsqu’elle regarde
de coté sa ligne de regard se situe dans la zone d’aberrations et il
est normal qu’elle voit flou
. Nous préconisons là aussi le même type de
verre, le « MedioLarge ».

4e Cas : Erwan G., grutier

Description du cas

Je suis grutier sur le pont de Térénez, sur l’estuaire de l’Aulne, dans le Finistère. C’est le premier pont courbe à haubans de France. Les travaux ont commencé en 2007 et devraient s’achever en 2011.

Je travaille sur une grue de 105 mètres. à 46 ans, je commence à avoir des problèmes de vision de près car je dois voir net à la fois mon tableau de bord mais aussi des charges situées à la verticale de ma grue, près de 100 mètres plus bas. à ce jour je n’ai pas trouvé de verres correcteurs qui me conviennent vraiment. Existe-t-il une solution adaptée à mon
type d’utilisation ?

L'analyse d'Essor

Le problème est complexe puisqu’il s’agit à la fois, de voir net à 100 m dans la zone où se situe la vision de près dans un verre progressif, et aussi de voir net un tableau de bord situé à 50cm. A notre connaissance la seule solution consiste à utiliser une vision de loin sur laquelle on colle une lentille de Fresnel découpée aux ciseaux ; on la positionne sur le verre de manière à ne couvrir ni le bas du verre consacré à la vision de loin mais à la verticale de la grue, ni le haut du verre réservé à la vision de loin. Bien sur ce travail demande
un certain doigté mais notre grutier vous en sera très reconnaissant.